Automatiser son entrepôt : Un projet au delà de la technologie
Depuis plusieurs années, Newton Vaureal Consulting accompagne de nombreux projets d’automatisation en entrepôt. De ces retours d’expérience ont été tirés de nombreux enseignements clés, à développer au-delà des technologies.
Appréhender les besoins, expérimenter les solutions du marché et identifier les outils adaptés aux différents process en entrepôt. Comme de nombreux experts logistiques, les équipes de Newton Vaureal Consulting maîtrisent les technologies de l’automatisation en entrepôt. Si cette compétence reste précieuse, elle ne fait pourtant pas tout. Au-delà des technologies, les dimensions métiers, organisationnelles, sociales et économiques s’avèrent essentielles dans la conduite de projets d’automatisation en entrepôt.
Automatiser et faire évoluer les métiers
De nombreuses transformations se jouent derrière le mot « automatisation ». Organisation, compétences, environnement de travail… En s’automatisant, l’entrepôt adopte des exigences propres à un environnement industriel. Les postes sont redéfinis, les horaires s’adaptent à des rythmes différents et des compétences nouvelles émergent. Les opérateurs limitent leur déplacement, augmentent leur productivité et modifient ainsi leurs gestes et leurs postures au quotidien. En parallèle, les amplitudes horaires évoluent, une réallocation régulière des effectifs s’opèrent au gré de la variabilité de la charge, entraînant une plus grande polyvalence des équipes. Plus largement, l’automatisation induit une nouvelle cohérence d’ensemble : les goulets d’étranglement sont à redimensionner et la réception devient un poste clé, alimentant les flux et les données. Ainsi, la productivité est pensée au travers de l’ensemble du système et non plus au poste de travail.
L’ensemble de ses évolutions entraînent indubitablement le développement de nouvelles compétences. Planification, méthodes, maintenance… Le rôle des chefs d’équipe dans le pilotage des ressources s’accentue tandis que les données collectées permettent de mieux piloter la performance. Parallèlement, les équipements, plus complexes, doivent être entretenus et maintenus de façon optimale. Ainsi, face à l’automatisation, les organigrammes changent : les fonctions supports et d’encadrement montent en puissance et les effectifs gagnent en qualification.
Enfin, en toute logique, c’est l’environnement de travail lui-même qui évolue. Bruit, continuité d’exploitation, cadences, productivité… Les équipes sont immergées dans une ambiance industrielle à laquelle les opérateurs doivent s’adapter. De nouveaux gestes, objectifs et outils apparaissent, provoquant une transformation profonde du métier. Afin de s’y adapter mais aussi et surtout de développer une forme nouvelle de bien-être au travail, la conduite du changement s’avère essentielle.
Elle permet de guider les équipes, de favoriser le dialogue social, la communication et d’accompagner la formation ainsi que la refonte des processus.
L’automatisation pour décupler la performance
Autre enjeu majeur de l’automatisation, la capacité à accroître la performance logistique. Répondre aux délais imposés par les clients, tous secteurs confondus, tout en respectant une équation économique acceptable nécessite une large réflexion sur l’aménagement des espaces, l’exploitation des installations et la capacité à tracer les opérations. En automatisant, l’entreprise densifie et verticalise ses espaces logistiques. Les allées de circulation se réduisent, l’empreinte au sol s’optimise et la productivité s’accroît au mètre carré. En termes d’immobilier, le gain économique s’avère immédiat.
Mais cet aménagement nécessite aussi des arbitrages. Selon les technologies, d’importants écarts de densification au sol ou de hauteur exploitable peuvent être constatés. En optant pour le transfert vertical, il convient de maîtriser un nouveau goulot d’étranglement. Et en se dotant de nouveaux outils, des accès maintenance doivent être imaginés dès la modélisation du projet. Cette maîtrise de l’espace passe ainsi par une conception fine, garantissant une cohabitation fluide entre les opérations humaines et les systèmes automatisés, dans le respect des exigences de sécurité, d’ergonomie et d’efficacité. Les erreurs de conception pèsent très lourdement sur le budget initial et le ROI, dès le démarrage de l’exploitation, par de nouveaux avenants au contrat de fournitures. Par la suite, c’est la productivité qui est affectée à long termes par la nécessité de rajouter des opérateurs non prévus dès le départ.
En termes de maîtrise, l’accélération de la productivité doit aussi être pilotée. L’automatisation permet la préparation de 450 à 600 lignes à l’heure contre 80 à 100 sur un picking classique en gare. Ce changement d’échelle, auxquels s’ajoutent une augmentation des références en stock, des cut-off tardifs ou bien encore une plus grande absorption des pics d’activités, nécessite un meilleur pilotage des flux et des équipes. Le pilotage de l’exploitation des solutions automatisées devient alors un enjeu stratégique dans l’entrepôt, garant de la performance opérationnelle de ce dernier et véritable tour de contrôle du site.
Enfin, dernier levier de performance : l’accroissement de la traçabilité. Une base article plus fiable, des erreurs réduites et un suivi quasi-temps réel de l’état d’avancement des commandes apportent une véritable valeur ajoutée aux clients. La traçabilité n’est plus seulement un outil de contrôle, elle devient facteur clé de satisfaction offrant visibilité, fiabilité et confiance dans le respect de la promesse de service.
L’automatisation pour gérer la performance dans la durée
Si l’automatisation permet la performance, elle doit néanmoins être envisagée de façon évolutive et durable. En logistique plus qu’ailleurs, les besoins du marché sont évolutifs. Cependant, la conception de l’entrepôt et de la solution mécanisée est imbriquée, voire quasi immuable. L’entrepôt, tout en restant performant, doit assurer agilité et flexibilité, et ce malgré les différentes briques technologiques et solutions qui s’y sont implantées dans le temps. Il convient ainsi d’intégrer quelques principes dès la conception initiale du projet pour garantir cette longévité : conserver une réserve de surface pour une possible extension, séquencer ses investissements, opter pour des solutions technologiques modulables et agiles et enfin, garantir la disponibilité des équipements dans le temps tout en évitant la dépendance intégrale à un tiers « mainteneur » via la formation et l’autonomisation des équipes internes.
Autre point de vigilance essentiel pour maintenir la performance dans la durée : la cohérence des systèmes informatiques, et notamment d’un duo clé : WMS/WCS. Une architecture modulaire et la standardisation des échanges via API soutiennent tout particulièrement cette cohésion informatique. La coordination des mises à jour, la mise en place d’une gouvernance intégrée, la formation des équipes concourent également à assurer l’efficience de ces outils d’orchestration logistique.
Quand l’automatisation inverse les valeurs
Ainsi, performantes, agiles et évolutives, les solutions automatisées existantes permettent de répondre à différents cas de figures ; sans qu’il existe pourtant de solution « miracle ». La coordination des process, la capacité à piloter l’installation, la maitrise de la donnée et de la réorganisation des métiers s’illustrent comme les leviers complémentaires et essentiels la technologie pour assurer la réussite d’un projet d’automatisation. Chez Newton Vaureal, nous en avons la conviction : une exploitation performante ne se mesure pas seulement à la productivité, mais à sa capacité à garantir la promesse client : livrer juste, vite et en toute fiabilité.