Newton.Vaureal Consulting – Cabinet de conseil en logistique et supply chain management – Paris

Vers toujours plus de ruptures ?

Conflits armés, guerre commerciale à coups de droits de douane, catastrophes climatiques à répétition, risques technologiques : ce ne sont plus des sujets d’actualité séparés. Ce sont quatre sources de pression qui convergent, au même moment, sur nos chaînes d’approvisionnement.

Le climat, d’abord. La France a enchaîné 52 à 53 jours de vagues de chaleur depuis mi-juin 2026, un record absolu depuis le début des relevés en 1947. Résultat direct sur l’agriculture : rendements céréaliers en baisse de 15 à 25% selon les régions, production laitière en recul de 10 à 15%. Des pénuries sont déjà annoncées et une « crise légumière majeure » à venir selon Prince de Bretagne. Deux filières qui remontent jusqu’à nos assiettes, avec des répercussions évidentes sur les coûts d’achat de toute la filière agroalimentaire.

La géopolitique, ensuite. Suite aux tensions dans le détroit d’Ormuz, le prix du baril de Brent est passé d’environ 69 à 115 dollars, soit +67%. Dans son sillage, le PET utilisé pour les bouteilles est passé de 800 à près de 1 400 euros la tonne en deux mois, soit +75% — d’autant plus critique que l’offre européenne s’est déjà réduite après l’arrêt de deux usines ces dernières années. Un scénario qui n’est pas sans rappeler la crise du verre post-Covid.

La guerre commerciale, aussi. Début août, Washington a imposé un droit de douane additionnel de 12,5% sur les produits chinois, fragilisant une trêve déjà précaire. Le taux tarifaire global sur les importations chinoises oscille désormais entre 31 et 41%. Rien n’est stabilisé — chaque semaine peut rebattre les cartes des coûts d’achat.

La technologie, enfin. On parle beaucoup de climat et de géopolitique, on oublie trop souvent le cyber. Selon le dernier BCI Supply Chain Resilience Report, les cyber-attaques sont désormais la 2e cause de disruption citée par les entreprises, juste derrière les défaillances fournisseurs. Et selon le BCI Horizon Scan Report, les pannes IT/télécoms restent le type d’incident le plus fréquemment désigné comme « le plus disruptif » de l’année. Une supply chain peut être solide sur le papier — fournisseurs diversifiés, stocks tampons, contrats béton — et s’arrêter net à cause d’un système qui tombe.

Pour factualiser (certaines) de ces tensions, il existe un thermomètre : le GSCPI (que j’ai personnellement découvert récemment — d’où ce post 🙂 )

Le Global Supply Chain Pressure Index, publié par la Fed de New York, sert à jauger l’état de tension des chaînes mondiales. Il reste aujourd’hui à son plus haut niveau depuis juillet 2022.

Mais le GSCPI mesure une pression. Il ne compte pas les ruptures qu’elle finit par produire. À ma connaissance, aucun indicateur synthétique ne suit, dans le temps, le nombre réel de ruptures d’approvisionnement induites par ces chocs cumulés — matière par matière, filière par filière.

On a un baromètre. Pas de compteur.

On entre en pleine période budgétaire. C’est le moment où chaque euro d’achat, chaque hypothèse de coût matière, chaque scénario de risque doit être challengé pour l’année à venir.

Je démarre une série de posts sur ce thème : comment dérisquer concrètement sa supply chain dans ce contexte. Diversification fournisseurs, stocks stratégiques, indicateurs de pilotage — je partagerai des leviers concrets, un par un.

Quels sont vos sujets pour le Budget 2027 et au-delà ? Dites-le-nous en commentaire.

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xavier fiorina